Des feuilles jaunes, marron ou desséchées sur un olivier sont autant de signaux d’alerte qu’il ne faut pas négliger. Derrière ce langage végétal se cachent souvent des déséquilibres environnementaux, des problèmes au niveau de l’entretien ou parfois l’attaque de parasites. Pour préserver la santé de cette plante, il est essentiel de comprendre l’origine de ces symptômes et d’adapter son entretien sans attendre que la situation dégénère.
Le pourquoi des feuilles jaunes ?
Le jaunissement fait partie des raisons pour lesquelles l’olivier perd ses feuilles. Il peut provenir d’une carence en éléments nutritifs, en particulier l’azote, le fer ou le magnésium. Quand le sol est pauvre ou que l’arbre ne parvient plus à puiser ce dont il a besoin, la chlorophylle se dégrade, laissant apparaître la teinte jaune.
Il arrive également qu’un excès ou un manque d’eau provoque le même effet. Trop d’arrosage entraîne l’asphyxie des racines, tandis qu’un stress hydrique (manque d’eau) prive l’arbre des ressources nécessaires. Un changement soudain d’emplacement ou de température peut aussi perturber son équilibre physiologique, surtout s’il est cultivé en pot.
Raisons pour lesquelles les feuilles deviennent marron
Une des causes fréquentes du brunissement des feuilles de l’olivier est la mauvaise aération du sol. Lorsque les racines sont privées d’oxygène, elles ne remplissent plus leur fonction. L’arbre peine alors à faire circuler la sève et les feuilles brunissent par endroit. Une exposition prolongée au soleil peut également provoquer ce phénomène. Arrosé au mauvais moment (en pleine journée), l’olivier peut subir une sorte de brûlure, surtout si l’eau stagne sur les feuilles.
Certaines maladies fongiques dues à des parasites comme l’œil de paon1 par exemple, laissent des taches brunes, principalement en automne ou au printemps. Ce champignon se développe sur les feuilles, les affaiblit puis les fait tomber, épuisant progressivement l’arbre.
Ce qui assèche les feuilles
En période de sécheresse prolongée, l’olivier laisse tomber des feuilles pour pouvoir garder de l’eau. Cela se produit surtout chez les arbres en pot, dont le volume racinaire est limité. Un substrat trop sec ou trop chaud ne retient plus l’humidité, ce qui provoque la mort des racines superficielles. Le dessèchement peut également apparaître si l’arbre est planté dans un pot trop petit, avec des racines compressées et étouffées.
L’emplacement joue aussi un rôle important. Un olivier installé dans un endroit venteux, sans protection, perd beaucoup d’humidité par évaporation. L’arbre réagit en laissant ses feuilles se dessécher pour survivre.
Soigner l’olivier par des gestes adaptés
L’arrosage : ni trop, ni pas assez
Un arrosage maîtrisé est souvent le point de départ du rétablissement. En été, un olivier en pot peut avoir besoin d’eau tous les deux ou trois jours, selon l’exposition et la taille du contenant. En pleine terre, un arrosage par mois est recommandé en période de sécheresse.
Il est utile d’observer la terre en surface, mais aussi de gratter légèrement pour évaluer la profondeur de l’humidité. Arroser lentement permet à l’eau de s’infiltrer en profondeur sans ruisseler. En hiver, l’arrosage de l’olivier en pot peut être réduit à une fois les deux semaines.
Améliorer le sol pour rééquilibrer l’arbre
Le compost sert à revitaliser la terre. Un apport en fer, en magnésium et en azote facilement assimilable par la plante, aide à faire disparaître la chlorose2. De même, l’ajout de gravier dans un sol trop dense favorise le drainage.
Il est préférable d’éviter les engrais chimiques qui déséquilibrent la microfaune du sol. Une aération régulière du substrat avec une bêche, sans retourner les couches profondes, permet aux racines de bien respirer.
Intervenir contre les parasites de manière douce et durable
Les traitements doivent respecter l’équilibre du jardin. Une solution avec du savon noir dilué, appliquée sur les zones infestées, permet d’éliminer les cochenilles sans nuire à la faune bénéfique à l’arbre. L’huile de neem3, utilisée en prévention, perturbe le cycle de reproduction des insectes sans laisser de résidus.
Des décoctions d’ail ou de prêle4, appliquées régulièrement, renforcent les défenses naturelles de l’arbre. Attirer des insectes comme les coccinelles permet de limiter les parasites sans avoir recours à des produits chimiques.
Ce qui peut entraîner la mort de l’olivier

Un sol inadapté
L’olivier est un arbre qui aime les sols bien drainés, légèrement calcaires et profonds. Un sol acide bloque l’absorption de certains nutriments essentiels. L’arbre peut donc disposer d’un sol apparemment riche et se présenter comme s’il était carencé. Le compactage du sol aggrave la situation.
En effet, lorsque la terre devient dure, l’eau ruisselle sans pénétrer et les racines étouffent. Cela est fréquent après des pluies répétées sur une terre argileuse ou en cas de piétinement. Un exemple courant est celui d’un olivier en pot, planté dans un terreau universel. Ce substrat, souvent trop fin, se tasse vite et retient l’eau en excès, ce qui nuit à la santé de la plante.
Une taille mal réalisée
Une taille trop brutale ou effectuée en dehors des périodes recommandées dérègle le flux de sève. De même, si on enlève trop de feuilles, l’arbre ne capte plus assez de lumière, ce qui diminue la photosynthèse5.
Une taille déséquilibrée, qui laisse un côté de l’arbre nu et l’autre dense, crée un stress de répartition qui désoriente sa croissance.
Un parasite discret
La cochenille noire de l’olivier par exemple se fixe sur les rameaux et sécrète un miellat6 collant. Ce liquide attire les fumagines, des champignons noirs, qui étouffent les feuilles.
Le psylle, un petit insecte sauteur, s’attaque aux jeunes pousses et perturbe leur développement.
La teigne de l’olivier, qui est un petit papillon de 6 à 7 millimètres de long, pond ses œufs dans les bourgeons ou les fruits. Les larves se nourrissent ensuite de la sève, ce qui provoque la chute des feuilles de l’olivier autour des zones atteintes.
Notes de bas de page
- Œil de paon (aussi appelé « maladie de l’œil de paon ») : maladie cryptogamique (causée par un champignon microscopique) qui affecte principalement les feuilles des oliviers. Son nom vient des taches circulaires, souvent entourées de halos sombres aux teintes allant de vert foncé à brun, qui apparaissent sur le feuillage et qui rappellent la forme et l’aspect des yeux sur les plumes de paon. Ce champignon, appelé Spilocaea oleagina, se développe surtout dans les environnements humides et doux, provoquant une chute prématurée des feuilles, une réduction de la photosynthèse et, à terme, un affaiblissement de l’arbre et une baisse de la production d’olives. ↩︎
- Chlorose : décoloration des feuilles des plantes due à un déficit en substances nutritives. ↩︎
- Neem : arbre originaire du sous-continent indien à feuillage persistant reconnue pour ses propriétés biologiques uniques. Toutes ses parties – feuilles, graines, écorce, bois – produisent des substances actives capables d’agir sur les insectes, les champignons, certaines bactéries et même sur le métabolisme de plantes voisines. Utilisé depuis des siècles dans l’agriculture, la médecine traditionnelle et les soins corporels, le neem se distingue par sa richesse en composés naturels complexes, dont certains empêchent la croissance des insectes nuisibles sans affecter les autres formes de vie. ↩︎
- Prêle : plante vivace aux tiges fines qui pousse dans les sols humides et pauvres, formant des touffes denses. Riche en silice, en minéraux et en principes actifs, elle est utilisée pour renforcer les tissus végétaux, stimuler la croissance des plantes et améliorer leur résistance naturelle. ↩︎
- Photosynthèse : processus permettant aux arbres de transformer la lumière en énergie chimique synthétisée par l’eau et le gaz carbonique. ↩︎
- Miellat : liquide provenant de la sève des plantes et qui est produit par des insectes suceurs. ↩︎

