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Bilboquet Magazine | 15/12/2017

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2 commentaires

Ivre, il tente un putsch au Burkina Faso

Ivre, il tente un putsch au Burkina Faso

OUILLE OUILLE OUILLE, voilà une cuite que Gilbert D., 55 ans, n’est pas près d’oublier ! Il y a une semaine, ce général burkinabè du Régiment de Sécurité Présidentielle offre un ÉNORME apéro à ses hommes pour fêter les élections démocratiques à venir au Burkina Faso.

Une « grosse chouille » à l’origine

« Rhum-coca, vodka orange, Malibu, vin de palme… on a un peu pris n’importe quoi : un an de régime de transition sans coup d’Etat, c’était quand même à fêter ! »  reconnaît, vaguement honteux, le caporal Christophe R. Problème : le sergent chargé de ramener à manger se fait mystérieusement porter pâle. Résultat, « on avait qu’un sachet d’arachides à se partager pour 40 » : DUR DUR d’éponger tout ça !

Alors que la fine équipe du RSP entame une chorégraphie sur « Cool » de Kendji Girac, kalachnikov à la main, Gilbert D. « grimpe » (il doit s’y reprendre à trois fois) sur la table. Le sergent Jacques O. se rappelle pour nous. « Il avait sa cravate sur la tête, il était super réjoui… on n’est pas habitués à le voir comme ça le chef, d’habitude ça file droit. Il a commencé à dire que « franchement on comptait trop pour lui non mais sans déconner vous êtes comme mes frères j’vous adore, non mais ranafout si ça fait pédé j’le dis c’est tout ». On était émus ».

L'histoire n'est pas sans rappeler celle de ce jeune Allemand qui tenta un putsch après quelques pintes de trop dans une brasserie.

L’histoire n’est pas sans rappeler celle de ce jeune Allemand qui tenta un putsch après quelques pintes de trop dans une brasserie.

« Allez, ça va être marrant ! »

Et là, c’est le DRAME ! Alors que la petite troupe s’apprête à rejoindre un dancefloor de Ouaga pour terminer la soirée, Gilbert D. s’arrête net et regarde ses troupes, les yeux pétillants « J’ai une meilleure idée… une super, super idée à laquelle je pense depuis quelques temps. Un truc de ouf… Ceux qui ont des couilles, suivez-moi !» 

Après… c’est le BLACK OUT. « Ben c’est pas compliqué, j’ai aucun souvenir. Je me suis réveillé  en calebard dans le fauteuil du président de la transition avec écrit Putsch sur le front » raconte Gilbert D., les yeux baissés. Poursuivi par un mal de crâne terrible, il n’a qu’une envie : regagner son lit. Il veut appeler ses amis pour venir le chercher, mais son téléphone n’a plus de crédit. « J’avais tout gaspillé en sms salaces envoyés à Blaise (ex-dictateur du Burkina Faso et ancien compagnon de Gilbert, ndlr) ».

Après quelques ERRANCES, le général retrouve tant bien que mal son pick-up encastré dans les marches du palais présidentiel et découvre… le Premier ministre Zida ligoté dans le coffre : « Là je me dis « putaiiiiiiiin mais c’est quoi ce bordel ? ». Il tombera plus tard sur le président Michel Kafando, enfermé sur le toit du palais, déshydraté et allongé sur un matelas de fortune, harcelé par un crocodile volé à la mare aux crocodiles de Bazoulé. Gilbert D. apprend aussi qu’en faisant les zouaves avec ses copains, ils ont tué plus de dix personnes dans les rues de la capitale. OUPS. 

Tout est bien qui finit bien

Nos pieds nickelés sont alors complètement dépassés par les événements : « pendant une semaine, on s’est fait pourrir par les Burkinabè, par les autres Africains, par l’UE, par l’ONU… Par tout le monde en fait… en plus on avait une gueule de bois incroyable » bredouille un Gilbert D. tout penaud. « Du coup on a fait un peu n’importe quoi, on a paniqué » reconnait-il. Après quelques jours de JOYEUX BORDEL, notre général alcoolisé présente ses excuses publiques : « Notre plus grand tort a été de mélanger les alcools ». Mais la justice burkinabè passera-t-elle l’éponge sur cet apéro trop chargé ?

Commentaires

  1. Djé

    Avec la mise en place de la charte « alcool » dans les locaux administratifs, de la loi Evin et de la consommation avec modération (excusez pour la chronologie très approximative) c’est pas en France que l’on verrait un tel spectacle, même un 14 juillet…Mais faut reconnaître qu’ils savent s’amuser, les samedis soirs, nos amis burkinabés.

  2. Je crois qu’il est grand temps pour moi de recycler un de mes vieux traits d’humour fabuleux que le monde nous envie :

    « Ivre, Rémi Gaillard prend le pouvoir au Burkina Fasol et remplace le nom « Burkina » par son propre prénom »

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